L’être et le faire

« Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le cœur des hommes que la violence et la barbarie. »

Machiavel (Le parisien – citations célèbres)

« La non-violence, sous sa forme active, consiste en une bienveillance envers tout ce qui existe. C’est l’amour pur. »

Gandhi (Le parisien – citations célèbres)

« Tu m’énerves ! » « Tu es vraiment trop pénible ! » « J’en ai marre de toi ! »

On a tous dit des choses comme ça sur le coup de la colère, et on se l’est entendu dire aussi… Des mots pleins de violence qui ne font pas de distinction entre nos actions et ce que nous sommes.

Ben oui, ce que je fais ce n’est pas ce que je suis !

Tu me suis ? Non ? Bah viens, on va démêler tout ça pour tout comprendre !


 

La différence entre l’être et le faire

 

Depuis qu’on est tout petit, on nous dit que nous sommes pénibles, bruyants, timides, ou encore pas assez disciplinés… Autant de qualificatifs négatifs qui nous enferment dans des cases => si on nous le rabâche c’est que c’est forcément vrai !

Si on me dit sans cesse que je suis bruyant c’est que je le suis, et je ne peux pas le changer, c’est moi ! Et c’est la même chose pour tous les autres qualificatifs négatifs dont on m’affuble : pénible, pleurnicheur, timide, etc…

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Image by John Hain from Pixabay

Il est impératif de faire la différence entre les actions d’une personne et ce qu’elle est !

 

Tous ces mots qu’on entend et qu’on intègre comme faisant partie de nous, de notre « moi », je les appelle les « qualificatifs post-it« . Ces mots négatifs sont autant d’étiquettes collées sur notre front et qui, petit à petit, ne font plus qu’un avec nous. Le pire c’est que, quand on arrive à se défaire un petit peu d’une étiquette (quand le post-it commence à se décoller) quelqu’un vient inévitablement nous la recoller violemment à coup de : « Ah mais toi tu es vraiment trop … ! » Eh BIM !

Et nous sommes tous concernés ! Nous avons tous des post-it sur notre front, plus ou moins anciens, plus ou moins collés !

Et tous, sans nous en rendre forcément compte, nous avons collé des post-it sur le front des personnes de notre entourage : nos enfants, notre conjoint(e), nos parents, nos amis, etc…

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Image by Monfocus from Pixabay

Pour mieux t’expliquer ce phénomène de post-it, voici mon exemple : Durant toute mon enfance et même au delà, de nombreuses personnes me disaient très souvent que j’étais timide, voir très timide. En fait je n’étais pas plus timide qu’une autre petite fille, mais je l’ai cru : ce « qualificatif post-it » je l’ai fait mien, je l’ai fait moi !

J’ai donc été une enfant très timide, une jeune fille très timide, une jeune femme très timide etc… J’ai calé mon comportement sur ce que les autres disaient de moi, et  j’avais tous les « symptômes » de la timidité extrême  : rougissements intempestifs, mains moites, impossibilité de parler aux personnes en dehors de mon cercle intime… j’ai même été bègue pendant une courte période !

Puis j’ai appris à me connaitre, je me suis découverte et j’ai compris que ce que les gens avaient pris pour de la timidité n’en était pas ! Je suis juste très observatrice et je me tiens un peu en retrait avant de parler à une personne : Je l’observe, je la scrute pour arriver à la cerner, tout en gardant mes distances… mais je ne suis pas timide !!!

 

Donc attention aux raccourcis ! Le fait de pleurer à un moment ne veut pas dire que je suis un pleurnicheur, le fait de faire du bruit à un moment ne veut pas dire que je suis bruyant, le fait de rougir dans une situation ne veut pas dire que je suis timide !

 

Il est indispensable de faire l’effort de changer notre façon de nous exprimer, pour ne pas rajouter de « qualificatifs post-it » à notre entourage, pour bien séparer le faire de l’être !

Parce-que, entre nous, tu ne crois pas qu’on a déjà assez de soucis pour s’en rajouter d’autres ?


 

Des solutions ?

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Image by Gerd Altmann from Pixabay

Tout d’abord, comme je te l’ai déjà dit, il faut bien faire attention à distinguer le faire de l’être.

Exemple : Je dis à mon fils de venir mettre la table, il s’énerve, tape du pied par terre…

A ce moment donné, ce n’est pas lui qui m’agace mais ce qu’il fait ! C’est donc à moi de trouver les mots pour lui faire comprendre que son comportement n’est pas approprié et qu’il doit en changer.

Parce-que si je lui dit un truc du style : « Qu’est-ce que tu es agaçant à t’énerver pour un rien… tu viens mettre la table et c’est tout ! » => il intègre le fait que c’est lui qui est agaçant !

Alors que si je lui dit par exemple : « Mon bonhomme, ton comportement m’agace carrément. Tu as le droit d’être blasé de devoir mettre la table, mais ce n’est pas une raison pour taper du pied comme ça ! » => il comprend que c’est son comportement qui est agaçant, et non lui-même !

 

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Image by Wokandapix from Pixabay

Il est également très important de faire du « renforcement positif » !

D’où je connais ça ? C’est grâce à mon amie Adeline qui est Orthopédagogue. (Pour lire l’article que je lui ai consacré, clique ici : L’orthopédagogie : Interview)

Le « renforcement positif » c’est le fait de valoriser toutes les petites choses que l’on fait tous les jours et qui passent inaperçues la plupart du temps !

Pour un enfant ça sera par exemple :

  • Le féliciter d’avoir rangé sa chambre de sa propre initiative.
  • Le remercier d’avoir débarrassé son assiette sans le lui avoir demandé.
  • Le féliciter de ne pas avoir fait de bruit pendant la visite de tata Gisèle.
  • Etc…

Et c’est exactement la même chose pour un ado ou un adulte. Il n’y a pas que les enfants qui ont besoin d’être renforcés positivement !

Alors on remercie, on félicite, on dit qu’on est fier, on dit qu’on est content ! Et le plus souvent possible !

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Image by Maria Godfrida from Pixabay

Une dernière chose que l’on peut/devrait faire : offrir des « chaudoudoux » à tout le monde et tous les jours !

Des chaudouQUOI ?

Des chaudoudoux ce sont des mots doux gratuits, sincères, inépuisables, qui font du bien et qui sont en rapport aux qualités de la personne. Là on se concentre donc sur l’être et non sur le faire. On peut dire, par exemple :

  • Je trouve que tu es quelqu’un de courageux, tu n’as pas peur de te lancer dans une nouvelle activité.
  • J’apprécie ta combativité, tu ne te démontes pas et tu vas de l’avant.
  • Je trouve que tu es très créatif, tu as toujours une nouvelle idée, une nouvelle chose à construire.
  • Etc…

Des chaudoudoux comme ça, on peut en donner tout au long de la journée, à toute heure et à tout moment. Et ce qui est vraiment bien avec ça, c’est que tu as de grandes chances d’en recevoir à ton tour !


 

Avec tout ça, on va bien réussir à les décoller tous ces post-it, hein ?!

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Image by Ben Kerckx from Pixabay

J’apprécie ta bienveillance, tu as lu mon article jusqu’au bout, merci ! (T’as vu, c’est agréable un chaudoudou !) Je te fais des bisous et je te dis à bientôt !

Céline.

 

 

Sources :

Apprendre a éduquer.fr/conte chaud doux chaudoudoux

Apprendre a éduquer.fr/valoriser enfant renforcement positif

4 commentaires sur “L’être et le faire

  1. Comme j’ai aimé cet article et comme je te rejoins sur ces réflexions qui me tiennent tellement à coeur aussi ! Merci pour ces mots.
    Pour la timidité, je me suis beaucoup reconnu dans tout ce que tu as décris. Je crois que je suis effectivement profondément quelqu’un d’introvertie. Mais j’ai longtemps confondu ça avec de la timidité, moi aussi, et c’était une grosse erreur.
    Je ne connaissais pas le terme de Renforcement positif, et je te remercie de me l’avoir fait découvrir. Je me rends compte que je l’ai toujours pratiqué sans connaître ça. J’ai toujours trouvé ça génial de me concentrer sur le positif de l’autre et des enfants surtout. Il m’arrive de faire quelques réflexion ou même de gronder les petits que je garde, mais c’est toujours leur comportement que je mentionne et pas ce qu’ils sont, et c’est vachement rassurant de me dire que je suis plutôt sur le bon chemin 🙂 parce que clairement, j’aime pas gronder…
    Et puis en ce qui concerne l’importance de l’être plus que du faire, ça a toujours été primordial dans ma vie. Et malheureusement, c’est rare… Par exemple, je ne comprends pas qu’on puisse passer 3h avec de la famille ou des amis pour parler de ce qu’on uniquement de ce qu’on fait. Et que pour « connaitre » quelqu’un qu’on vient de rencontrer, on ne lui demande que ce qu’il fait dans la vie. Moi, ça ne m’intéresse pas. Mais si on demande : « Qui es-tu, profondément ? » malheureusement, les 3/4 des gens répondent ce fameux post-it qu’on leur a collé tellement c’est inhabituel de se questionner là dessus.. M’enfin, sujet qui me passionne et que j’aimerais aborder sur le blog un jour 🙂
    Merci encore pour ce beau partage ! ❤

    J'aime

    1. Merci beaucoup Justine pour ton commentaire, à chaque fois tu m’encourage et ça me fait beaucoup de bien !
      Ça ne m’étonne pas du tout que tu fasses du renforcement positif sans le savoir 😉 tu fais partie de ces gens qui s’intéressent réellement aux personnes, à ce qu’ils sont, et pas juste à leur façade !
      Y’a encore tellement de choses à dire sur ce sujet… et j’ai hâte que tu nous en parles sur ton blog !
      Merci encore pour ta bienveillance !
      Bisous

      Aimé par 1 personne

  2. Un très chouette article et très juste ! Bravo et merci ! Je te rejoins sur ce que tu dis, je le dis aussi dans mes cours (aux profs et futurs profs). Il est important de faire comprendre à un enfant (et aux adultes aussi) que ce sont les comportements que nous « jugeons », pas les individus. C’est comme pour les émotions : ce n’est pas l’émotion que nous « jugeons » mais son expression, quand celle ci est inacceptable (tu as le droit d’être en colère, mais tu n’as pas le droit de taper ton copain de classe… à la place tu peux faire ça ou ça – en trouvant les alternatives possibles). Attention ça marche aussi pour le positif : quand un enfant travaille bien ou a de bons résultats à l’école, lui dire des « tu es fort, tu es intelligent » ne sont pas la meilleure chose à faire… il vaut mieux lui expliciter ce qu’il a bien fait pour y arriver (tu as bien écouté en cours, tu as bien fait tes exercices, etc.). C’est ce qui l’aidera à développer une bonne estime de lui (et non une haute estime de lui). C’est drôle, c’était le thème de mon dernier cours avant les vacances 😉. Bisous et encore bravo pour ce chouette article 😘

    Aimé par 1 personne

    1. Rhooo c’est trop gentil ça !! Merci 😊
      Tu as raison pour le positif, c’est encore bien ancré les « whaou t’es trop fort, bravo ! » Moi même faut que je fasse attention à ça !
      En ce qui concerne estime et confiance en soi, c’est un sujet qui me passionne aussi, je pense que j’en parlerai peut-être un de ces jours 😉
      En tout cas merci pour ton retour enthousiaste, ça me fait chaud au cœur à chaque fois !!
      Bisous 😘

      Aimé par 1 personne

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